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28/12

Syrie, Irak, Iran: Que faire?

L'indignation et de solidarité poussent à vouloir faire "quelque chose". Les exemples de l'Irak, la Syrie et l'Iran incitent à la prudence.

Les politiques des puissances occidentales n'y ont rien amélioré. Bien au contraire: santé publique et intervention internationale restent un mariage difficile. Serait défaire les sanctions la meilleure façon de faire quelque chose? Trois cas qui font réfléchir.

1. Der Spiegel [1] écrit que dans la ville de Bassora (Basra) en Irak le nombre de malformations congénitales a multiplié par sept entre 1994 et 2003. Sur 1000 naissances, 23 bébés naissaient avec des malformations. La concentration de plomb dans les dents de lait des enfants est de trois fois plus élevée dans des ex-zones de combat qu'ailleurs. L'hydrocéphalie (eau dans le cerveau) est six plus fréquente à Bassora qu'aux États-Unis. Le nombre de cas de malformations congénitales du système nerveux central, comme l'anencéphalie, a atteint des niveaux records et continue de grimper. A l'hopital Sadr Teaching, le docteur Jawad al-Ali n'a pas de doutes : il s'agit de conséquences des guerres qui ont frappé la ville et plus particulièrement des munitions à uranium appauvri. Le docteur Chris Busby est co-auteur de deux études sur la santé publique à Fallujah après le long siège de l'armée américaine en 2004. Busby décrit [2] les conséquences humanitaires de l'attaque américaine comme : « le taux le plus élevé de dommages génétiques dans une population jamais analysé ». Elles incluent des taux élevés de cancer, de mortalité infantile et, sans surprise, de malformations congénitales.

2. En Syrie, rapporte The Guardian [3], les usines pharmaceutiques qui garantissaient 90% des besoins en médicaments du pays, ont dû réduire leur production de deux tiers. Les sanctions imposées par l'Occident empêchent l'importation des matières premières pour la production. Le conflit a partiellement ou entièrement détruit la moitié des hôpitaux du pays. Les autres sont débordés. Les stylos à insuline qui aidaient 40.000 enfants diabétiques ne sont plus disponibles dans les centres de santé publique. La réaction en Occident laisse perplexe. Pendant que certains veulent augmenter leur soutien à des rebelles en perte de popularité [4], un appel de fonds humanitaire des Nations Unies destiné à des projets de santé publique a recueilli jusqu'ici moins d'un tiers des fonds espérés.

3. En Iran, les sanctions unilatérales américaines et européennes ont comme objectif d'étrangler le pays économiquement. Elles frappent directement la population iranienne [5] en espérant qu'elle se révolte contre son gouvernement. L'impact sur la santé des gens est manifeste. Les prix des aliments et des biens de consommation augmentent presque quotidiennement. Des antibiotiques et les médicaments [6] contre les spasmes musculaires du cœur, l'épilepsie, l'hypertension, les crampes gastriques, les arythmies cardiaques et la sclérose latérale amyotrophique se font rares. Une catastrophe annoncée

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